rencontres entre lectrices et lecteurs amour et amitié
(près de chez moi, dans mon pays ou une autre contrée francophone)
Est-ce qu'une lectrice (ou un lecteur) peut vivre avec un(e) allergique aux livres ?
Nous vivons plus dans les livres que "dans la vraie vie" ?
Nous pouvons répondre un aphorisme de Marcel Proust :
>La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature".
Mais il est souvent faux de nous déclarer radicalement solitaires, silencieux... c'est souvent un problème de communication ! Comment échanger avec un fan de foot ou une accros aux téléfilms ?
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Marcel Proust a aussi écrit :
Je savais qu'on ne peut lire un roman sans donner à l'héroïne les traits de celle qu'on aime.
Mais la fin du livre a beau être heureuse, notre amour n'a pas fait un pas de plus et, quand nous l'avons fermé, celle que nous aimons et qui est enfin venue à nous dans le roman, ne nous aime pas davantage dans la vie.
(Albertine disparue)
On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit.
(Du côté de chez Swann)
On a dit que la beauté est une promesse de bonheur. Inversement la possibilité du plaisir peut être un commencement de beauté.
(La prisonnière)
Si cette femme a affaire, même sans s'en apercevoir, à un sentimental, mais surtout si elle s'en aperçoit, un jeu terrible commence.
Incapable de surmonter sa déception, de se passer de cette femme, il la relance, elle le fuit, si bien qu'un sourire qu'il n'osait plus espérer est payé mille fois ce qu'eussent dû l'être les dernières faveurs.
Il arrive même parfois dans ce cas, quand on a eu, par un mélange de naïveté dans le jugement et de lâcheté devant la souffrance, la folie de faire d'une fille une inaccessible idole, que ces dernières faveurs, ou même le premier baiser, on ne l'obtiendra jamais, on n'ose même plus le demander pour ne pas démentir des assurances de platonique amour.
Et c'est une grande souffrance alors de quitter la vie sans avoir jamais su ce que pouvait être le baiser de la femme qu'on a le plus aimée.
(Le côté de Guermantes, tome I)
La beauté des êtres n'est pas comme celle des choses. Nous sentons qu'elle est celle d'une créature unique, consciente et volontaire. « Envoyer à un ami
A l'ombre des jeunes filles en fleur
Ce qui est dangereux et procréateur de souffrances dans l'amour, ce n'est pas la femme elle-même, c'est sa présence de tous les jours, la curiosité de ce qu'elle fait à tous moments;
ce n'est pas la femme, c'est l'habitude.
(Le temps retrouvé)
Comme tous les gens qui ne sont pas amoureux, il s'imaginait qu'on choisit la personne qu'on aime après mille délibérations et d'après des qualités et convenances diverses.
(Du côté de chez Swann)
En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.
(La prisonnière )
Elle nous avait promis une lettre, nous étions calme, nous n'aimions plus.
La lettre n'est pas venue, aucun courrier n'en apporte, "que se passe-t-il? ", l'anxiété renaît, et l'amour.
Ce sont surtout de tels êtres qui nous inspirent l'amour, pour notre désolation.
Chaque anxiété nouvelle que nous éprouvons par eux enlève à nos yeux de leur personnalité.
Nous étions résigné à la souffrance, croyant aimer en dehors de nous, et nous nous apercevons que notre amour est fonction de notre tristesse, que notre amour c'est peut-être notre tristesse, et que l'objet n'en est que pour une faible part la jeune fille à la noire chevelure.
(La prisonnière)
REMPLACEZ lettre par COURRIEL !!!
Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l'impatience d'un plaisir immédiat.
(Du côté de chez Swann)
Souvent, vous le savez, on dit d'un grand artiste : à côté de son génie, c'était une vieille bête qui avait les idées les plus étroites.
Lettres choisies
Ce qu'on prend en présence de l'être aimé n'est qu'un cliché négatif, on le développe plus tard, une fois chez soi, quand on a retrouvé à sa disposition cette chambre noire intérieure dont l'entrée est condamnée tant qu'on voit du monde.
A l'ombre des jeunes filles en fleurs
Je sentais que la recherche du bonheur dans la satisfaction du désir moral était aussi naïve que l'entreprise d'atteindre l'horizon en marchant devant soi.
Plus le désir avance, plus la possession véritable s'éloigne. De sorte que si le bonheur, ou du moins l'absence de souffrances, peut être trouvé, ce n'est pas la satisfaction, mais la réduction progressive, l'extinction finale du désir qu'il faut chercher.
On cherche à voir ce qu'on aime, on devrait chercher à ne pas le voir, l'oubli seul finit par amener l'extinction du désir.
Albertine disparue
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